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25 février 2021

Vie scolaire des élèves en période de COVID

Dans un sondage (https://form.dragnsurvey.com/survey/r/76af7e2)  lancé sur le réseau Facebook pendant 2 semaines (janvier 2021) nous avons essayé d'identifier comment nos collégien(ne)s et lycée(ne)s ont vécu leur scolarité depuis l'arrivée du virus.

Voici l'analyse que nous avons pu tirer de leurs différents retours.

 

VIE SCOLAIRE DES ELEVES EN PERIODE DE COVID

(Sondage effectué sur Facebook du 15/01/21 au 29/01/21) 

 

Ils ont entre 11 et 18 ans, sont scolarisés en collège et lycée et ont vécu une période inédite faite d’interdits, d’assignation à la maison, de cours en distanciel, de respect des gestes barrière…

AKODOM a voulu s’intéresser à cette génération née dans les premières années du XXIème siècle et complètement immergée dans internet et les réseaux sociaux, avec une question centrale : « Comment le confinement a-t-il bouleversé ses habitudes, notamment au regard de ses apprentissages scolaires » ?

386 élèves ont répondu au questionnaire mis en ligne par Akodom sur Facebook à la fin du mois de janvier 2021.

Ce sont les lycéens (l’appréhension de l’approche du baccalauréat ?) qui ont très majoritairement répondu à ce questionnaire et surtout les filles à 81,72 %. Dans notre sondage diffusé sur un seul support,  Facebook  (un autre vecteur  aurait certainement donné des résultats différents), les jeunes lycéennes paraissent donc les plus concernées par les interrogations liées à leur scolarité en période de confinement.

EQUIPEMENTS

92,73 % bénéficient d’un équipement numérique. Ce chiffre particulièrement élevé confirme que nous avons à faire à une génération très « connectée », pour laquelle les outils numériques font partie intégrante du quotidien. Parmi ces 92,73 %, 90,85 % possèdent un smartphone et 89,54 % un PC.

Au vu de ces résultats, l’on peut imaginer que sur les 7,27 % déclarant ne pas posséder d’équipement numérique, certains ont emprunté du matériel à leurs proches ou à des amis, ou ont bénéficié d’un accompagnement différent de la part de leurs professeur, ou bien encore se sont retrouvés dans l’incapacité de suivre leur scolarité. En tous les cas, il s’agit d’une minorité.

 

LE TRAVAIL A LA MAISON

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Révélation importante de ce sondage : à la question « pensez-vous avoir été efficace en travaillant à domicile ? », les résultats sont partagés de manière quasi-égale entre l’affirmative à 51,85 % et la négative à 48,15 %.

En parallèle, à l’annonce du confinement, presque la moitié (45,16 %) ont ressenti de l’inquiétude pour la réussite de leur année scolaire et 38,06 % étaient fatalistes : il fallait se plier à la situation. Seuls 16,77 % n’étaient pas inquiets.

En cumulé, fatalisme et inquiétude représentent 83,22 % traduisant ainsi la très grande incertitude liée au nouveau mode de fonctionnement scolaire qu’impose le confinement.

Cette incertitude se confirme dans les résultats de l’appréciation du niveau scolaire général après le confinement puisque si 40,13 % pensent qu’il est resté le même, 43,42 % estiment qu’il a baissé, confirmant ainsi les études menées par ailleurs sur la baisse de motivation et de niveau des élèves et des étudiants.

Les répondants qui pensent que leur niveau a augmenté l’attribuent surtout au temps supplémentaire dont ils bénéficiaient pour travailler (et qu’ils paraissent avoir utilisé), les élèves qui estiment que leur niveau a baissé mettent surtout en cause leur manque de motivation, puis la difficulté de suivre les cours à distance. Cela confirme, si cela était besoin, toute l’importance des cours « en présentiel » pour ces deux aspects indispensables de l’apprentissage scolaire.

Une question annexe vient alors légitimement à l’esprit au sujet des 60,61 % qui expriment un manque de motivation et les 37,88 % qui avouent des difficultés à travailler tout le temps chez eux : le rôle et l’implication des parents pour mieux inciter leurs enfants à suivre et travailler leurs cours à distance. Certains de ces parents ont-ils manqué de temps, de volonté de responsabiliser leurs enfants, d’autres ont-ils des lacunes de connaissances sur certaines matières, peut-être quelques-uns ont-ils fait preuve d’indifférence … ?

En cas de difficultés, seuls 24,22 % disent que leurs familles les ont aidé(e)s et 33,33 % affirment que les relations avec leurs parents se sont dégradées en raison du manque de temps de ceux-ci, ce qui confirme la légitimité de l’interrogation du paragraphe précédent.

 

TRAVAIL A LA MAISON, LIBERTE ET RELATIONS AVEC LES PARENTS

57,72 % ont ressenti un sentiment de liberté en travaillant à la maison, ce qui parait compréhensible (moins de contraintes horaires et de déplacements…), la grande majorité (76,19 %) organisant leur emploi du temps comme ils voulaient et 61,9 % ayant l’impression d’avoir plus de temps libre.

Ces résultats sont à confronter aux précédents, à savoir le manque de motivation et la difficulté à travailler chez soi. En affinant l’étude, un corolaire s’établira certainement entre ces affirmations.

Un chiffre parait néanmoins étonnant :  42,28 % déclarent que travailler à la maison ne leur a pas procuré de sentiment de liberté, en raison du surcroit de travail donné par les professeurs et du manque d’aide et d’explications, ce qui leur demandait en conséquence plus de temps pour maîtriser leurs cours. Il s’agit ici certainement des élèves les plus concernés et les plus motivés, mais là encore se posent des interrogations quant à la capacité des parents à apporter une aide adaptée.

De ce point de vue, une majorité (67,36) des élèves mentionnent qu’en matière de relations avec leurs parents, celles-ci sont restées les mêmes, et si elles se sont améliorées, cela tient au fait qu’ils passaient plus de temps avec eux (76 %).

COMPARAISON AVEC LE TEMPS SCOLAIRE « NORMAL »

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Les résultats sont équilibrés : 30,22 % ont davantage travaillé, 38,13 %moins et 31,65 % autant.

Notons que travailler plus ou moins est très marqué et polarisé : 38,1 % de ceux qui ont travaillé plus ont réalisé cinq heures supplémentaires par semaine et 40,38 % de ceux qui ont travaillé moins, ont travaillé plus de cinq heures de moins que d’habitude. En fait, ceux qui voulaient « s’accrocher » ont beaucoup plus travaillé et  ceux qui « décrochaient » ont beaucoup moins travaillé.

Sur le suivi des professeurs, les avis sont partagés : 44,85 % le trouvent excellent ou bon, et 55,15 % moyen ou mauvais.

Au-delà du caractère subjectif de cette appréciation, notons que ce sont tout de même plus de 55 % des élèves qui considèrent plutôt négativement le suivi de leurs professeurs, ce qui confirme d’autres études réalisées à plus large échelle et qui ne milite pas en faveur du « distanciel » pour les enseignements scolaires. Ceci est également à comparer aux 43,42 % mentionnés plus haut qui estiment que leur niveau a baissé.

Pour surmonter leurs difficultés dans certaines matières, près de la moitié des sondés (47,66 %) répondent avoir consulté des sites internet (l’on en revient à la génération ultra-connectée évoquée dans l’introduction) et 32,81 % avoir utilisé les supports de travail habituels.

Seuls 3,91 % ont eu recours aux cours particuliers, en présentiel ou en visio. En outre, 23,44 %, près du quart en définitive, avouent « ne pas s’en être sortis », ce qui est un chiffre important.

Enfin, contre toute attente, la moitié des élèves affirment que leur niveau « répond aux exigences attendues », ce qui est un pourcentage certainement surévalué en raison du manque de définition précise du terme, et moins de 10 % se sentent « complètement perdus ».

 

CONCLUSION

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En matière d’équipement informatique, les élèves sont bien pourvus et n’ont pas de difficultés de partage de matériel en famille.

Ils considèrent à part égale qu’ils ont été efficaces ou non en travaillant à la maison, même s’ils ont ressenti de l’inquiétude à l’annonce du confinement. Ils considèrent que leur niveau est resté le même ou a baissé, notamment en raison de leur manque de motivation et de leurs difficultés à suivre leur scolarité à domicile. A noter que plus de 42 % n’ont pas ressenti un sentiment de liberté accru.

Pour les autres, plus de 57 %, ce sentiment tient au fait qu’ils se sont organisés comme ils le voulaient et qu’ils considéraient avoir plus de temps libre.

Pour l’essentiel, leurs relations avec leurs parents sont restées les mêmes, mais lorsqu’elles se sont dégradées, c’est parce que les parents leur reprochaient trop de temps libre et lorsqu’elles se sont améliorées, c’est principalement car ils passaient plus de temps ensemble.

Une question reste pendante et mériterait une étude menée en direction des parents : quelle a été par ces derniers leur perception de la période, et quelle proportion a aidé ou non ses enfants, et pourquoi ? Car il transparait dans les résultats de ce questionnaire que l’attitude des parents influe à bien des égards sur le comportement des enfants et le cas échéant sur leur motivation et leur réussite dans cette période particulière.

Sur l’appréciation de leur volume de travail, les réponses sont équilibrées quasiment en trois tiers : plus, autant, moins, avec une légère prévalence pour cette dernière (38,3 %).

Il y a une polarisation des réponses pour ceux qui ont plus ou moins travaillé : dans les deux cas, les élèves ont en majorité beaucoup plus travaillé ou beaucoup moins travaillé.

Les avis sont partagés sur le suivi des professeurs 45 /55 %, ce dernier chiffre étant celui du ressenti d’un mauvais suivi, ce qui confirme que l’enseignement à distance n’est pas la panacée ou du moins que certains enseignants ne sont pas suffisamment formés à ces nouveaux outils pour leur permettre d’assurer au mieux leur mission.

Pour surmonter leurs difficultés de suivi et d’assimilation des cours, une majorité a eu recours à internet ou à leurs supports habituels (cours, manuels,…).

La moitié des élèves pensent que leur niveau répond aux exigences attendues (à relativiser en raison du caractère très subjectif de la notion « d’exigence attendue »).

En outre, 17 % estiment être pénalisés par des lacunes de l’année précédente et 10 % reconnaissent se sentir « complètement perdus », autrement dit, en décrochage scolaire.

Enfin, 35,4 % ont répondu à la question ouverte : « Si vous le souhaitez, décrivez en quelques mots votre scolarité sur cette période ».

Seuls 15,1 % répondent OK.

13,6 % répondent « catastrophe » ou « catastrophique ».

22,7 % répondent difficile, nul, compliqué ou stressant, 36,3 % si l’on cumule avec les « catastrophés ».

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